EDF pousse TotalEnergies à financer son parc nucléaire : les détails et enjeux

EDF pousse TotalEnergies à financer son parc nucléaire : les détails et enjeux
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TotalEnergies envisage de financer une partie du parc nucléaire d’EDF, sur l’incitation du ministre Bruno Le Maire. Cette démarche vise à permettre à TotalEnergies de s’investir dans les réacteurs nucléaires. Le mécanisme proposé par EDF pour ce partenariat avec divers industriels est celui des contrats d’allocation de production nucléaire. Il sera intéressant de voir comment cette collaboration inédite entre deux entreprises concurrentes évoluera, surtout alors que l’État détient désormais 100% du capital d’EDF.

Volumes et coûts liés aux performances d’EDF

TotalEnergies ne deviendrait pas actionnaire d’EDF, mais signerait un contrat pour réserver une portion de la production du parc atomique à des usines très énergivores. Ces contrats permettraient à EDF de toucher d’importants revenus supplémentaires de la part de ces industriels, ce qui contribuerait à l’entretien du parc actuel et à la construction des futurs réacteurs EPR2 demandés par l’Etat. En ce moment, EDF mène des négociations avec des industriels, dont TotalEnergies, afin de déterminer les volumes et les coûts en fonction des performances d’EDF. TotalEnergies est non seulement fournisseur, mais aussi client très gourmand en électricité pour ses activités de raffinage du pétrole.

Producteurs propriétaires

Pour comprendre les accords dont il est question, il faut regarder comment ils fonctionnent. En fait, il ne s’agit pas d’un simple contrat de fourniture mais plutôt d’un partenariat industriel, selon EDF. La différence est importante : alors que les premiers contrats sont limités à trois à cinq ans maximum en raison des règles européennes anti-monopole, les seconds peuvent s’étendre sur une période bien plus longue, jusqu’à 15 ans. Les industriels concernés auraient donc un statut de co-producteurs et non de simples clients.

Ils deviendraient propriétaires de la production et bénéficieraient d’un prix garanti proche des coûts de production d’EDF. L’incertitude et la volatilité du marché seraient ainsi écartées pour ces entreprises qui estiment que les cours de l’électricité vont augmenter dans les prochaines décennies.

Ainsi, quelques industriels ont déjà signé une lettre d’intention pour sécuriser une partie de leurs approvisionnements futurs avec EDF.

En parallèle, malgré un marché qui peine à décoller, des prémices d’un réseau européen pour le transport d’hydrogène se dessinent.

Enthousiasme modéré

L’enthousiasme pour les accords entre TotalEnergies et EDF reste limité. Les lettres d’intention sont rares, malgré l’existence de nombreuses entreprises électro-intensives en France. La principale raison évoquée est l’incertitude liée à la production nucléaire et à ses aléas. En effet, les contrats d’allocation de production nucléaire ne garantissent pas un volume fixe d’électricité à un prix défini, mais une part calculée en pourcentage de la production réelle des centrales nucléaires sur toute la durée de l’accord. Cette incertitude fait hésiter les industriels à signer ces accords. EDF se veut rassurant en limitant le contrat d’allocation de production nucléaire à 50% à 60% du besoin des industriels afin de ne pas monopoliser tous les clients électro-intensifs français.

Frais importants au départ

Malgré certains progrès, de nombreuses réticences subsistent concernant les accords de contrat d’achat de production nucléaire (CAPN). Les entreprises signataires doivent verser une importante avance en tête, représentant jusqu’à un tiers de leur chiffre d’affaires. Elles devront également assumer des coûts fixes liés à l’exploitation du parc pendant les 10-15 ans du contrat. De plus, une part variable correspondant au coût du combustible consommé doit être acquittée par les industriels.

En français simple : « Enregistrement crucial »

Les entreprises électro-intensives doivent payer le même pourcentage sur les coûts, les dépenses courantes et les avances en tête. La négociation se fait seulement sur le besoin en volume. Des concurrents extra-européens bénéficient de conditions plus favorables, ce qui crée des inquiétudes au sujet du prix compétitif et prévisible. Les discussions pour la réforme du marché de l’électricité sont longues car elles impliquent un changement profond de modèle. EDF espère la signature de quatre lettres d’intention supplémentaires d’ici à cet été pour cette réforme.

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Geoffrey Sevior

Journaliste économique passionné, je me consacre à l’analyse des transformations majeures de notre économie, en mettant l’accent sur la pédagogie et la clarté. Mon parcours m’a conduit à explorer divers aspects de la mondialisation et de l’innovation, partageant mes réflexions dans plusieurs publications spécialisées.​