Nucléaire : avant même le début des six EPR2, des territoires se préparent déjà à accueillir huit réacteurs supplémentaires

avant le lancement des six epr2, plusieurs territoires anticipent déjà l’accueil de huit réacteurs nucléaires supplémentaires et se préparent à cette nouvelle étape.

Alors que le programme des six premiers EPR2 n’est pas encore entré dans sa phase de construction nucléaire, six territoires se positionnent déjà pour accueillir une éventuelle deuxième vague. L’État étudie l’implantation de huit réacteurs supplémentaires, organisés par paires : au maximum quatre sites pourraient donc être retenus. Les candidatures concernent Nogent-sur-Seine, Golfech, le Tricastin, le Blayais, Creys-Malville et Chinon.

Cette anticipation ne signifie ni que les huit unités sont décidées, ni que les sites candidats ont reçu une autorisation. Elle traduit plutôt une planification énergétique qui commence bien avant le choix final : collectivités et acteurs locaux évaluent les besoins en logements, transports, services et compétences qu’un chantier de grande ampleur pourrait entraîner. L’enjeu dépasse ainsi la seule production d’énergie nucléaire. Il touche à l’organisation des territoires et au partage des coûts comme des retombées économiques, dans un contexte où la transition énergétique relance le débat public sur la place du nucléaire.

Huit réacteurs EPR2 supplémentaires : six territoires en concurrence

Les six sites candidats sont des implantations liées au parc nucléaire existant ou à son histoire industrielle. La sélection devrait porter sur quatre d’entre eux au plus, chacun étant susceptible d’accueillir deux réacteurs. La décision attendue d’ici la fin de 2026 déterminera donc où pourrait se concentrer une partie de l’effort industriel à venir, sans préjuger à elle seule du calendrier effectif des travaux.

Pour comprendre la différence entre candidature et décision, il faut distinguer trois étapes : l’étude des sites, l’arbitrage de l’État et les autorisations nécessaires aux projets. La liste des territoires en lice est détaillée dans ce point sur les six sites candidats aux futurs EPR2.

avant même le lancement des six epr2, des territoires anticipent l’arrivée de huit réacteurs nucléaires supplémentaires et se préparent à les accueillir.

Des candidatures qui engagent déjà les collectivités

La préparation locale porte d’abord sur des questions très concrètes : la capacité des routes et du rail à absorber les flux, la disponibilité de logements pour les salariés, ou encore les besoins des écoles et des services de santé. Une entreprise locale de travaux publics, par exemple, pourrait examiner l’évolution de ses effectifs ou de ses équipements si un chantier était confirmé, mais cette anticipation ne constitue pas une commande ni une garantie d’activité.

Ces démarches répondent à un enjeu économique classique des grands projets : leurs effets dépassent l’emprise du site. Les collectivités cherchent donc à mesurer les besoins et les retombées possibles avant que les décisions d’investissement ne soient arrêtées. Se préparer permet d’éviter l’improvisation, mais ne préjuge pas du choix final.

Le calendrier des EPR2 et les limites de la planification

La seconde vague s’inscrit dans le prolongement du programme initial de six réacteurs, prévu sur les sites de Penly, Gravelines et Bugey. EDF présente les principes de ce programme dans sa page consacrée au nouveau nucléaire et aux EPR2. Le fait que les territoires préparent déjà des scénarios pour huit unités supplémentaires révèle l’ampleur de la planification nécessaire, mais aussi l’écart entre une hypothèse industrielle et un projet autorisé.

Les calendriers doivent être lus avec prudence : les études, les procédures réglementaires, le débat public et les décisions de financement sont autant d’étapes distinctes. Même lorsqu’un site est retenu, l’implantation des réacteurs dépendra de la poursuite de ces démarches et de la capacité à coordonner les infrastructures locales avec le chantier.

Un arbitrage à la fois industriel et territorial

La comparaison des sites ne se résume pas à leur capacité à accueillir des équipements. Elle implique aussi d’évaluer les contraintes d’aménagement, les ressources en main-d’œuvre et l’acceptabilité locale. À ce titre, les échanges avec les habitants et les élus doivent éclairer les arbitrages, et non intervenir comme une formalité une fois le choix arrêté.

  • Les infrastructures : transports, accès au site et réseaux nécessaires au chantier.
  • Les services locaux : logements, santé, formation et équipements collectifs adaptés à une hausse temporaire de population.
  • Les compétences : disponibilité des métiers industriels et capacité à former de nouveaux salariés.
  • La concertation : place des habitants dans le débat public sur les effets et les conditions du projet.

Ces critères relient directement la politique énergétique aux choix d’aménagement. La sélection des sites dira donc autant sur la répartition géographique des investissements que sur la trajectoire retenue pour l’énergie nucléaire.

Geoffrey Sevior

Journaliste économique passionné, je me consacre à l’analyse des transformations majeures de notre économie, en mettant l’accent sur la pédagogie et la clarté. Mon parcours m’a conduit à explorer divers aspects de la mondialisation et de l’innovation, partageant mes réflexions dans plusieurs publications spécialisées.​